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PRESERVATION DES RESSOURCES NATURELLES : Vers une restauration du lac Bam

Le lac Bam est la plus grande retenue naturelle d’eau du Burkina Faso. Situé dans la région du Centre-Nord, le lac constitue la première source de revenus pour plusieurs ménages de la province. Mais ces dernières années, la réserve d’eau naturelle est menacée de disparition du fait de plusieurs facteurs, d’où l’initiation d’un projet en vue de sa restauration.

Le lac Bam s’étend sur 35 km avec un bassin versant de 2 610 m2. Selon les experts du domaine, il avait une capacité de stockage initiale de plus de 40 millions de m3 d’eau. Actuellement, il n’en possède qu’environ 37 millions de m3. Le lac avait aussi une production halieutique de 820 tonnes par an avec une potentialité agricole de 2000 hectares. Cette production est passée de nos jours à 40 tonnes du fait de sa dégradation constante qui est, en partie, due à l’action de l’homme et aux effets des changements climatiques, à en croire les spécialistes. A titre d’exemple, une étude récente a dénombré plus de 2000 motopompes aux alentours du lac, toute chose qui contribue à la pollution de cette retenue d’eau naturelle.

Prenant acte de la persistance du phénomène et de l’importance du lac, le gouvernement du Burkina Faso a initié un projet de restauration, de protection et de valorisation du lac Bam (PRPV/LB) avec Ambroise Ouédraogo comme coordonnateur du projet. Selon ce dernier, le projet a vu le jour en 2009 mais, compte tenu des procédures administratives, les travaux n’ont pu débuter qu’en avril 2011. Les études du projet coûteront environ 250 millions de F CFA, et le financement sera assuré par l’Etat burkinabè et la Banque Ouest-Africaine de développement (BOAD), à en croire le coordonateur. Les études sont déjà confiées à un groupement de bureaux de l’UEMOA.

Il s’agit de CINTECH Burkina et BETICO Mali. Selon le directeur technique de CINTECH, M. Komla E. Jackatey, son bureau d’étude a une grande expérience dans le domaine de l’aménagement hydro-agricole. Certifié ISO 9001 version 2008 le 15 septembre 2011, CINTECH est le premier bureau d’étude burkinabè à bénéficier de cette certification, a-t-il déclaré. C’est pourquoi, il se veut rassurant quant à la qualité des travaux qui seront exécutés. Selon toujours ses dires, les travaux sont déjà à un stade avancé. 15 experts du domaine ont uni leurs compétences pour les études dont le niveau d’exécution est estimé à 50% en octobre 2011. Les conclusions des études sont attendues en mi 2012.

Et c’est à l’issue de cette première phase que les recherches de financement auprès des bailleurs de fonds commenceront pour la restauration du lac. Néanmoins, avec le démarrage des études, ce sont des sentiments de satisfaction que les exploitants du lac et les autorités locales nourrissent déjà.

Asmado RABO (Collaborateur)
Journal, Le Pays.



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