Savoirs locaux

Appui au développement du Burkina Faso:Les réalisations du PNUD dans le Centre, le grand Est et le Nord

Du 23 au 27 juin 2008, une caravane de presse a sillonné les régions du Centre, de l’Est, du Centre-Est et du Nord du Burkina Faso, à la découverte des réalisations du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), levant ainsi un coin de voile sur les appuis à la bonne gouvernance et au développement durable.

Des journalistes de la presse nationale et internationale sur les traces du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) dans les régions de l’Est, du Centre-Est, du Nord et du Centre du Burkina Faso.
Cela s’est passé du 23 au 27 juin 2008.

Tout commence au siège de l’institution à Ouagadougou par un briefing sur des réalisations du PNUD depuis 1966, début de son partenariat avec la Haute-Volta (actuel Burkina Faso).

La directrice pays du PNUD, Mme Ruby Sandhu-Rojon plante le décor de la mission de son insitution. Il s’agit selon elle, de contribuer aux changements, en reliant les pays aux connaissances, expériences et ressources dont leurs populations ont besoin pour améliorer leur vie. Les différents axes d’intervention du Programme onusien ont aussi fait l’objet de présentation aux hommes des médias : gouvernance démocratique, réduction de la pauvreté, prévention des crises et reconstruction, énergie et environnement, VIH/Sida. Cette mise en bain terminée, les journalistes sont invités sur le terrain en compagnie de responsables de la cellule communication du PNUD, Mahamadi Ouédraogo et Tahirou Gouro.

Mais avant, une précision de taille que le coordonnateur du programme "Bonne gouvernance" a bien voulu donner à l’équipe : "Dans les réalisations du PNUD", il y a ce qu’on peut voir mais aussi ce qu’on ne peut pas voir". Le renforcement des capacités dans le domaine de la gouvernance démocratique et politique, économique, administrative et locale, fait partie des réalisations pas toujours visibles.

Dans ce cadre, le PNUD appuie le Plan décennal de développement du parlement burkinabè. "Comment aider l’Assemblée nationale à légiférer efficacement". "Comment améliorer son rôle de contrôle de l’action gouvernementale et comment renforcer les relations entre les parlementaires, les élus locaux et la population ? " sont entre autres, les défis dudit plan. La pertinence de l’appui du PNUD à la représentation nationale devant faire l’objet d’échanges entre journalistes et députés.
La rencontre n’a pas eu lieu pour incompatibilité de calendrier.

Au plan local en revanche, les actions du PNUD ont pu être appréciées dans la commune rurale de Diapangou. Selon le maire de la localité Salif Yada, l’institution onusienne, à travers le programme d’Appui à la décentralisation et à la participation citoyenne (ADEPAC) a permis au conseil municipal de se doter d’un Plan communal de développement (PCD). Ce plan, élaboré en 2005 et réactualisé en 2007, court jusqu’en 2011. Bâti autour d’un bilan de financement de 1 840 502 500 F CFA, le PCD de Diapangou, de l’avis de son maire, est un "formidable outil d’orientation et de planification qui galvanise des bailleurs de fonds autour de nos projets". Chaque bailleur approché par le conseil municipal pourra en fonction de ses moyens et ses centres d’intérêt, choisir de financer une ou plusieurs activités inscrites dans le PCD. C’est ainsi que l’ONG "Iles de paix", intervenant dans la zone, a financé la construction d’un barrage de 700 000 m3 à Panpangou dans la commune rurale de Diapangou.

La même ONG a également pris en charge la normalisation du lycée communal de Diapangou et construit une vingtaine de forages. D’autres projets, notamment le PNGT2, le FICOD, Pistes rurales sont de la danse pour la réalisation de routes, la construction d’un marché, etc. A écouter le chargé de planification locale à l’ADEPAC, Boureima Ly, 9 communes rurales ont déjà bénéficié d’un PCD dans le cadre du projet. Une dizaine d’autres pourra en bénéficier d’ici à fin 2009. Il reconnaît par ailleurs que d’autres programmes comme le PNGT sont fortement impliqués dans l’accompagnement des communes rurales à l’élaboration de leur PCD.
A la fin juin de cette année 2008, il estime que plus de la moitié des 302 communes rurales burkinabè est dotée d’un "Plan sésame" de développement .

Le PNUD n’appuie-t-il pas les communes dans la réalisation d’ouvrages socioéconomiques ? S’est interrogé un journaliste. "Si", répondra M. Ly, avant de préciser que ce volet de l’action du PNUD est exécuté par un autre projet dénommé "Appui aux communes rurales et aux initiatives communautaires" (ACRIC). L’ADEPAC et l’ACRIC sont en réalité deux sous-programmes du Programme d’appui à la décentralisation, à la participation citoyenne et au développement local (CEPACIDEL) pour la période de 2006-2010.

Le PNUD s’est donné pour ambition de faire du développement durable la chose la mieux partagée au monde. Au Burkina Faso, parmi les armes à même de faciliter cette ambition, figurent en bonne place la Plate-forme multifonctionnelle (PTF) et la valorisation des Produits forestiers non ligneux (PFNL).

Des armes du développement

L’impact de la première arme a pu être apprécié par les journalistes à Matiacoali, localité située à une centaine de km de Fada N’Gourma, chef-lieu de la région de l’Est. La PTF est en effet une infrastructure d’énergie décentralisée au sein du village (où n’interviennent ni la SONABEL ni l’électrification rurale), conçue pour se substituer à la force motrice humaine des hommes et des femmes qui se trouvent au bas de l’échelle énergétique. Elle utilise un moteur diesel qui peut faire fonctionner différents outils permettant de fournir des services énergétiques financièrement abordables tels que la mouture de céréales, le broyage de karité, le décorticage du riz ou du maïs, la charge de batteries, la soudure, etc.

La plate-forme peut également produire l’électricité nécessaire au fonctionnement d’un réseau d’eau ou d’éclairage. Celle de Matiacoali gérée par un "bras" de l’Association Tin Tua (bien connue dans la zone en matière d’alphabétisation) le "Diéma" de Matiacoali notamment, a suscité autour d’elle l’apparition de diverses activités socioéconomiques.

En plus du service mécanique pour la mouture de céréales, la petite unité PTF de Matiacoali produit de l’électricité pour alimenter l’Eglise AD du village, un bar-dancing, un vidéoclub, un poste de soudure, une photocopieuse et bientôt, un cyber café. Le bar-dancing et le vidéo-club ainsi que le poste à souder ont été mis en location et les locataires que nous avons rencontrés sur place, affirment faire de bonnes affaires.

Najoari Dianjoa, le locataire du poste à souder par exemple déclare pouvoir engranger par trimestre 80 000 F CFA de bénéfice. La charge de batteries de téléphones portables ne rapporte pas moins au Diéma. Avec une quarantaine de portables chargés par jour en raison de 100 F CFA ou 200 F CFA (selon que le téléphone a un chargeur ou pas) par portable, la recette journalière est estimée entre 4 000 F CFA et 8 000 F CFA. En tout cas, le coordonnateur des programmes du Diéma de Matiacoali, Aly Dahari se dit très satisfait de la PTF et entend en tirer le maximum de profit au grand bénéfice de l’ensemble de la communauté.

En effet, nous confie un technicien du programme national PTF, un dispositif comme celui de Matiacoali (d’une puissance de 10 chevaux, consommant 1l/h de gazoil) pourrait alimenter 400 ampoules ou 80 réfrigérateurs. Matiacoali n’est pas le seul privilégié parce que bien d’autres villages au Burkina Faso de 500 à 5100 habitants, sont couverts par le programme national PTF dans les régions de la Boucle du Mouhoun, du Centre-Ouest, du Nord, de l’Est et du Centre-Est. L’objectif du programme est d’installer 400 PTF (dont plus de 120 sont fonctionnelles ).

De l’avis du coordonnateur du PNPTF dans le grand Est (Est, Centre-Est) Honoré Bonkoungou l’ambition est de se positionner en palliatif aux problèmes énergétiques au pays des Hommes intègres. Ils seraient autour de 90% de Burkinabè à n’avoir pas accès à l’électricité. Conscient que la tendance sans cesse à la hausse du prix du pétrole risque de porter un coup aux PTF, M. Bonkoungou annonce comme perspective l’utilisation du biocarburant, l’huile de jatropha en particulier, pour alimenter les unités. Ainsi, partout où il y aura des PTF, les populations seront encouragées à planter du jatropha tout autour de leurs cultures habituelles. A l’instar de ce barrage, d’autres projets de la commune rurale de Diapangou ont bénéficié de financements de par la disponibilité
d’un PCD.

L’arbre n’est pas que du bois...

A côté de la Plate-forme multifonctionnelle, la lutte contre la pauvreté et l’insécurité alimentaire, intègre au PNUD, les Produits forestiers non ligneux (PFNL).

Par PFNL, le coordonnateur du projet Amélioration des revenus et de la sécurité alimentaire (ARSA), Damas Poda entend "tout ce qui peut être tiré de l’arbre en dehors du bois". Ce projet ARSA , financé par le PNUD sous le couvert du ministère en charge de l’Environnement, a pour but, de valoriser ces PFNL. C’est le cas du "caba sénégalenoss", plus connu sous le nom de liane en français ou "wèda" en langue nationale mooré.

Au cours d’une formation organisée le 26 juin dernier dans le village de Soumyaga dans le Yatenga au profit des membres de l’Association pour la sauvegarde de l’environnement, les hommes des médias ont découvert, différentes transformations possibles de la liane : le jus sucré simple, le jus sucré lacté, la confiture, le séchage. Des recettes simples qui peuvent permettre aux populations d’améliorer leur propre alimentation, mais aussi de se faire plus d’argent en vendant des produits améliorés au lieu de la liane brute.

Avant d’aller savourer des sous-produits du "wèda", les journalistes ont eu l’occasion deux jours plus tôt, d’aller à la découverte des formes valorisées du fruit du "Balanites ægyptiaca" appelé "Kiéglga" en mooré ou "Segene" en dioula. C’était à Fada N’Gourma à environ 220 km à l’Est de la capitale burkinabè. Cet autre PFNL est utilisé par une sexagénaire en l’occurrence Rose Marie Thiombiano, présidente de l’Association féminine pour le développement "Tin Naabi Hambi" (langue gulmacéma) pour produire de l’huile. Une huile consommable directement ou en cuisine, avec à la clé, des vertus thérapeutiques selon la transformatrice : "contre la malnutrition, la thyphoïde, l’ulcère d’estomac, les hémorroïdes...". Une chose est sûre, c’est que l’huile fine de Rose Marie Thiombiano, n’a plus le goût amer reconnu au fruit du balamites lorsqu’on le suce.

Cette huile est en outre utilisée par Mme Thiombiano pour fabriquer du savon et de la pommade dont l’utilisation participerait à rendre tendre la peau. Les tourteaux issus du processus seraient par ailleurs comestibles par le bétail. La président de l’Association "Tin Naabi Hembi" est convaincue de la nécessité de produire en grande quantité l’huile du "Segene". Une foi qui lui a valu en 2005, un prix du ministère de l’Environnement et du Cadre de vie. Mme Thiombiano est passée de la production de quelques bouteilles d’huile à des centaines de litres. Grâce à l’appui du PNUD, elle a pu participer à quelques expositions. Elle veut faire plus, mais serait handicapée par les moyens encore manuels qu’elle utilise dans le processus de fabrication d’huile, allant du concassage des noix à la presse de la pâte.

Son vœu est de se doter d’une décortiqueuse mécanique et d’autres machines. L’écoulement de ses produits, surtout de l’huile, reste un défi. Une situation qu’elle explique par une méconnaissance de ceux-ci et aussi le prix de vente. Un litre de l’huile des noix de Balanites ægyptiaca coûte chez Rose Thiombiano 3000 F CFA. De façon générale, les PFNL sont encore à l’étape du recensement au Burkina Faso, selon le coordonnateur du projet ARSA, Damas Poda. Actuellement, ils sont une vingtaine à être répertoriés. La seconde phase consisterait à les valoriser à grande échelle. Faudra-t-il que les consommateurs les intègrent dans leurs habitudes culinaires pour que la production trouve un marché. Nous reviendrons sur la présence du PNUD dans la lutte contre le VIH/Sida.

Koumia Alassane KARAM
Source :www.sidwaya.bf

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