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Le crédit 2.0 à la portée des chaînes de valeur agricole : réflexion à l’échelle continent
Les solutions en matière de mobile Banking commencent à faire école dans les pays du Sud. Fort de son succès dans certains pays comme le Kenya avec le MPESA, les initiatives se multiplient à travers le continent.

Elles viennent outrepasser les autres systèmes basées essentiellement sur l’accès aux prix et la simple mise en relation sur le marché. Une chose est d’avoir le bon prix et de contracter un marché, une autre est de financer la transaction et les choses se corsent à ce niveau.

La rencontre organisée par le CTA à Nairobi vise à faire un état des lieux de ces possibilités et voir en quoi les mobiles banking peuvent accompagner les chaînes de valeur agricole.

Les difficultés liées au transport, à l’atomicité des agents économiques et notamment les paysans rendent en effet difficiles l’ouverture de succursales des banques même de système financiers décentralisés dans certaines contrées. La spontanéité des opportunités et des besoins de certains acteurs dans la chaine de valeur ne leur permet pas de rentrer des financements traditionnels qui prennent des jours, sinon des semaines pour obtenir alors que de fois, le besoin est très urgents : payer de la nourriture ou des médicaments pour ses volailles, répondre à un approvisionnement donné suite à une commande dont le paiement se fera après la livraison…

Il existe des plateformes intégrées qui lient le producteur depuis son téléphone portable rudimentaire à tous les échelons de la chaine (coopérative, agence locale ou représentant de la banque, services de téléphonie mobile, services de conseils et qui lui facilitent la vente de son produit à travers une base de données informatisée, le virement numérique de la vente sur son compte et l’assistance ou encore l’octroi d’un petit crédit s’il le désire. Certaines plateformes vont jusqu’à lui proposer de prendre les intrants dans les magasins locaux mandatés sans toucher du doigt un centime, ce qui lui évite de dépenser abusivement le montant que l’on lui octroie.
Le système semble magique aux yeux d’un néophyte et simple aux yeux d’un expert, mais, ca fonctionne et beaucoup de témoignages abondent dans ce sens.
On pourrait se demander qui supporte le cout de ces dispositifs électroniques. Viennent – ils une fois de plus supprimer le middle man comme les systèmes basés sur la collecte des prix ?

La guerre des plateformes, des opérateurs, des systèmes financiers décentralisées, des banques et des institutions spécialisées en monnaie électronique
A ce niveau, la plupart des opérateurs ou possesseurs de plateformes semblent dire que le poids ne va pas s’exercer sur le paysan, mais sur les autres acteurs de la chaîne.

Les plateformes comment à abonder et les paysans ne savent plus à quel sain se vouer. Des initiatives privées de lancement de plateformes aux opérateurs téléphoniques qui intègrent directement dans leurs applications ces solutions mobiles, on a l’embarras de choix. Certaines banquent proposent également ces solutions. Le maillon important ici est l’opérateur de télécommunication qui le plus souvent joue le rôle de banquier dans les zones reculées grâce à leur vaste réseau de distributeurs.

En Afrique de l’Ouest, l’UEMOA a pris une décision officielle pour légaliser les monnaies officielles et donner l’agréement à certaines qui respectent des critères définies. On continue d’en trouver d’autres fonctionnant en marge de ce dispositif règlementaire.

Quand on assiste à une réunion où tous ces acteurs sont réunis, on se demande à qui le paysan va tourner la tête. Tout le monde semple lui dire : passez par moi, je suis plus sur et plus crédible.

Il est donc important que des analyses soient faites avant de juger de la nécessité de toutes ces solutions faites pour le monde rurale et dont on ne mesure pas les portées à long terme : le paysan va-t-il entrer dans un nouvel cycle d’esclavage, le middleman remplacé par la haute technologie.

D’autres aspects sont en phase d’étude comme la prise en compte des systèmes de santé ou leur intégration sur la plateforme existante. Un paysan pourrait alors cotiser à travers son mobile à une mutuelle et recevoir ses soins sur simple présentation de son terminal à un poste de santé.
Les nombreuses mesures sécuritaires se multiplient pour donner plus de confiance aux plateformes.

Que l’on le veuille ou pas, le crédit 2.0 est à nos portes.

Sylvestre Ouédraogo
Bntic


http://fin4ag.org/fr/
cta.int



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