Yam-Pukri et la Confédération Paysanne du Faso en conclave : l’évolution et la répartition des financements accordés au secteur rural en ligne de mire.

« Quand les agriculteurs parlent », un film réalisé par Yam-Pukri sur la journée Nationale du Paysan 2015,a été le plat d’entrée à la rencontre sur la présentation de l’étude sur l’ évaluation et la répartition des financements en direction du secteur agricole . Après le visionnage de cette vidéo, les responsables des organisations Paysannes qui étaient présents ont apprécié les thématiques abordées et ont apporté des contributions dans l’optique que la vidéo réponde au mieux à leurs aspirations.

La question du financement de l’agriculture constitue un sujet poignant pour les acteurs du monde agricole. Yam-Pukri dans ses activités en lien avec le secteur agricole s’est assignée pour mission d’analyser l’évolution et la répartition du budget et des financements accordés au secteur agricole afin d’identifier des pistes de plaidoyer pour les agriculteurs.

L’étude a révélé que les dépenses de financement des mesures et actions institutionnelles correspondent particulièrement aux dépenses de financement des enquêtes agricoles, des études de diagnostic permanents, de projets d’évaluation et d’assistance.

Quant aux dépenses de fonctionnement, l’étude montre qu’elles sont constituées des dépenses de personnel, d’achats de biens et de services en charge de l’agriculture. De cette étude ressort également que entre 2006 et 2010, le budget du secteur rural a été d’environ 136, 5 milliards de FCFA par an , soit environ 14% du budget global de l’Etat. Il semble que plus de 10 ans après la déclaration de Maputo, le Burkina a tenu ses engagements du moins pour ce qui est de la composante allocation budgétaire.

Toutefois, une analyse approfondie montre que cette situation cache encore plusieurs autres problèmes du secteur agricole parmi les quels la forte dépendance vis-à-vis des financements extérieurs, la croissance des dépenses de fonctionnement au détriment des dépenses de d’investissement…

Les résultats de l’étude ont permis aux leaders paysans de revenir un certains nombre de préoccupations liées au financement de leur secteur et pouvant faire l’objet de plaidoyer. Pour Monsieur Bassiaka DAO, président du conseil d’administration de la Confédération Paysanne du Faso, il serait fortement préférable de définir la nature des financements alloués à l’agriculture. Pour lui, il faut allouer le budget en fonction de l’activité agricole et dissocier le budget de fonctionnement des centrales agricoles pour leur permettre de faire un suivi budgétaire et profiter concrètement de ces financements pour accroitre la productivité.

Les problèmes d’engrais déposés tardivement et en quantité suffisante ont été également soulevé par les paysans pour prouver à tel enseigne le problème de financement est criard.

Au regard de l’ handicap constaté, Yam-Pukri juge nécessaire que les organisations paysannes participent à l’élaboration et au suivi de la mise en œuvre des politiques agricoles, et propose le plaidoyer et le lobbying comme outils pouvant servir dans cette quête.

Pélagie Sandwidi
Yam-Pukri/BurkinaNtic



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