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SwagPay : Bientôt le Burkina quittera « l’ère du pré-Internet »

Les habitudes des utilisateurs d’internet au Burkina Faso seront bientôt modifiées lors de leurs futures transactions commerciales. Partis du constat que les boutiques en ligne au Burkina ne constituaient rien d’autre que des vitrines, Mahamadi Rouamba, promoteur de l’espace de co-working BeoogoLab s’est donné un tout autre objectif : celui de « révolutionner la manière dont on paye ou on se fait payer ». Il a créé la plateforme SwagPay, qui permet d’agréger les monnaies mobiles (Orange Money et Mobicash) pour les utiliser comme porte-monnaie électronique en ligne. Pour tester la fiabilité de la plateforme, il a usé d’une procédure « pas habituelle » : inviter les meilleurs étudiants en cyber-sécurité des différentes universités et écoles de formation du pays et leur demander d’essayer de la hacker avec à la clé 1 000 000 de F CFA à empocher s’ils arrivent à détecter un « oubli » dans le système.

Le jeune entrepreneur aura en tout cas réussi à séduire l’expert en cyber-sécurité et en investigation électronique Younoussa Sanfo avant qu’il ne quitte les locaux de BeoogoLab. Il s’est en effet dit « séduit » par le génie d’une équipe de jeunes qui ont compris que le numérique est « un puissant levier économique » et qui ont surtout décidé de combler le retard du pays en proposant des outils faits par des Burkinabè pour des Burkinabè en tenant compte des réalités burkinabè.

« Plusieurs services sont fournis via internet. Mais la limite au Burkina, c’est que ces services apparaissent comme des vitrines. Vous ne pouvez qu’aller regarder. Le processus de paiement, vous ne pouvez le faire qu’en utilisant un système (exemple de PayPal) », analyse Mahamadi Rouamba, fondateur de Ticanalyse et BeoogoLab où ont eu lieu les 32 heures de hacking.

En effet, pour utiliser PayPal, vous devez disposer d’une carte prépayée à recharger auprès de votre banque ou autre pour pouvoir procéder aux achats en ligne. Alors qu’ « avec SwagPay, résume le promoteur, plus besoin d’aller à la banque, d’une carte Visa. Vous avez juste besoin d’avoir un porte-monnaie mobile fonctionnel. Ce porte-monnaie peut être un des opérateurs (Orange, Telmob) ou les deux à la fois ».

Le produit. Diarra Awa, travaille dans une structure privée. « Beaucoup » intéressée par les nouvelles technologies surtout le e-commerce, elle voit en SwagPay « un gain de temps pour ceux qui n’ont pas le temps ». Pour Younoussa Sanfo, SwagPay est tout simplement « innovant », « comble un vide » parce qu’explique-t-il jusqu’ici, les téléphones sont utilisés mais ce n’est pas en ligne, parce que les utilisateurs ont peur d’aller sur internet. Tout cela a prévalu à ce qu’il accepte de parrainer le pré-lancement de la plateforme. Un pré-lancement pas comme les autres.

Détecter des « oublis » et gagner 1 000 000 de F CFA

Pour tester la fiabilité de SwagPay, le promoteur a fait venir des étudiants en cyber-sécurité pour tester la plateforme. Les représentants des différentes écoles de formation ont 32 heures pour essayer de la hacker et parvenir à détecter ce que Mahamadi Rouamba préfère appeler « oublis » au lieu de « failles ».

Kaboré Kévin Aziz, étudiant en 5ème année à l’Ecole supérieure d’informatique, est l’un de ceux qui sont invités à tenter l’expérience pendant la durée du hackathon « pour identifier ce chainon manquant de la sécurité ». Les 1 000 000 ? « Le but c’est de remporter. Quoi qu’il en soit, même si on ne les remporte pas, c’est le Burkina Faso entier qui gagne. On aurait pu détecter des vulnérabilités qui vont permettre de promouvoir cette plateforme », qui va dit-il révolutionner carrément tout le milieu du e-commerce au Burkina.

Cette démarche Younoussa Sanfo l’a d’ailleurs trouvée « pas habituelle » et « courageuse » en ce qui concerne le Burkina. « Ça c’est louable. C’est rare qu’une entreprise burkinabè le fasse », a-t-il indiqué. En adoptant cette démarche, le promoteur veut s’assurer que la plateforme est fiable à 100% même si note-t-il, le risque zéro en la matière n’existe pas.

C’est parti pour les 32 heures de fouilles, refouilles, vérification de tout ce qui ne va pas et faire des propositions de correction qui pourraient être utilisées pour améliorer SwagPay pour la rendre plus sécurisée.

Il faut noter que SwagPay ne se substitue pas aux opérateurs (Orange et Telmob) mais se base sur le service offert par ceux-ci et utilise cette monnaie mobile pour les achats en ligne. « C’est la plus-value qu’on apporte », s’enthousiasme Mahamadi Rouamba. Pour lui, SwagPay est un élément de réponse à la question qu’avons-nous fait avec cette fabuleuse ressource pendant ces 20 ans ? de l’expert en cyber-sécurité Younoussa Sanfo.

En attendant le lancement officiel imminent de la première plateforme de paiement, qui permettra de « ne pas obliger (les Burkinabè) chaque fois à (se) présenter pour pouvoir donner de l’argent », l’expert continue d’affirmer que « dans le domaine du paiement, le Burkina Faso est à l’ère pré-internet ».

Oui KOETA

Burkina24

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