E-politique

Résumé d’une étude : l’impact de la démocratie sur la croissance économique dans les pays membres de la CEDEAO

La présente étude a pour objectif d’analyser l’impact de la démocratie sur la croissance économique dans les pays membres de la CEDEAO. Avec un panel dynamique de 13 pays de 1996 à 2010 et en utilisant la méthode des moments généralisés (GMM) en système, l’étude a montré que la démocratie a un effet direct négatif mais non significatif sur le Produit Intérieur Brut (PIB) par tête, considéré comme une mesure de la croissance économique, des pays membres de la CEDEAO.

Cependant, en essayant de trouver un effet indirect de la démocratie, l’étude a montré que la démocratie a un effet positif et significatif sur l’espérance de vie, un effet positif et significatif sur la corruption, un effet négatif et non significatif sur l’efficacité du gouvernement et un effet positif et non significatif sur l’ouverture commerciale et la stabilité politique.

En conclusion, l’étude a trouvé un effet total positif et significatif de la démocratie sur la croissance économique via une hausse de l’espérance de vie et une baisse du niveau de corruption. La démocratie dans la CEDEAO permet donc d’augmenter la croissance économique. Une politique qui vise à améliorer le niveau de démocratie devrait alors permettre de stimuler la croissance économique dans la CEDEAO.

Mots clés : démocratie, croissance économique, CEDEAO, GMM

CONCLUSION ET IMPLICATIONS

Les causes de la persistance de bilans mitigés des performances économiques dans la CEDEAO constituent une préoccupation réelle des économistes du développement. Les récentes études indexent la qualité des institutions dans la région comme responsables de ce déficit de développement. Parmi la qualité des institutions, la démocratie apparaît comme un facteur pouvant expliquer la croissance.

L’objectif de cette étude est de déterminer l’impact de la démocratie sur la croissance économique dans les pays de la CEDEAO. Il s’est agit d’une part de la détermination de l’effet direct de la démocratie sur la croissance économique et d’autre part de la détermination des effets indirects de la démocratie sur la croissance économique. Pour ce faire, l’analyse s’appuie sur un modèle de croissance endogène inspiré d’Aisen et Vegas (2011) pour mettre en évidence l’effet direct de la démocratie sur la croissance économique.

Les effets indirects sont saisis à travers des modèles séparés, inspirés de la méthodologie de Kurzman et al. (2002), liant la variable d’intérêt (canal par lequel la démocratie agit) à la démocratie.

La méthode GMM en système a été utilisée pour estimer les équations des différents modèles avec des données portant sur la période 1996-2010.

Les résultats permettent de noter que la démocratie a un effet direct négatif mais, non significatif sur la croissance économique. Autrement dit, la démocratie affecte négativement la croissance mais l’effet n’est pas statistiquement différent de zéro. Par contre, la démocratie affecte indirectement et de façon positive et significative la croissance économique par les canaux de l’espérance de vie et de la corruption. Les effets de la démocratie à travers l’ouverture commerciale, l’efficacité du gouvernement et la stabilité politique sont statistiquement non significatifs sur la croissance économique dans la CEDEAO.

Ces résultats indiquent que les effets directs de la démocratie sur la croissance économique dans la CEDEAO ne sont pas visibles mais que par contre elle y affecte de façon notable cette croissance économique de manière indirecte. Les facteurs tels que l’espérance de vie et la corruption sont assez importants pour permettre une meilleure visibilité des effets de la démocratie sur la croissance économique. Les politiques économiques devraient intégrer la promotion de la démocratie dans l’objectif de bénéficier de ses effets indirects favorables à la croissance.

La démocratie telle que définie par les indicateurs utilisés ici ignore beaucoup de paramètres qui sont qualitatives et très difficiles à quantifier. La démocratie ne se situe pas seulement dans l’élaboration des textes démocratiques mais, aussi dans l’application effective de ces textes. Il faudra mettre en œuvre un certain nombre de conditions favorables à l’enracinement de la démocratie afin qu’elle puisse contribuer aussi de manière directe, positive et significative à la croissance économique.

Une étude ultérieure pourra s’intéresser à déterminer un seuil à partir duquel l’effet direct de la démocratie sur la croissance économique dans la CEDEAO devient positif. Les élections seules ne suffisent pas, la gouvernance démocratique implique également un pouvoir législatif qui représente réellement le peuple. Elle nécessite un pouvoir judiciaire indépendant capable de faire respecter l’Etat de droit de manière égale pour tous les citoyens.

Elle requiert des forces de sécurité professionnelles au service de la population et neutres politiquement. Elle suppose des médias accessibles qui soient libres, indépendants et impartiaux. Et enfin, elle s’appuie sur une société civile active, impliquée dans la construction des valeurs nationales, à même d’interpeller les pouvoirs publics et de proposer des modes différents de participation politique. Or, tout ceci n’est pas une réalité dans la CEDEAO et nécessitent d’énormes efforts.

La réussite de la démocratie requiert des moyens financiers et humains très élevés qui pèsent sur la croissance et partant sur le développement. Cela amène à penser à l’hypothèse de Lipset (1959) selon laquelle c’est la croissance économique qui détermine la démocratie. Cette hypothèse pourrait être testée dans les prochaines études pour le cas des pays de la CEDEAO.

Une étude réalisée et soutenu par Roukiatou NIKIEMA.

Roukiatou pendant sa présentation

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