Difficultés d’écoulement du riz local produit au Burkina Faso

« Nous produisons le riz et nous faisons de bons rendements à l’hectare. Mais le véritable problème que nous rencontrons est l’écoulement de nos produits, car nous n’avons pas de partenaires stables pour payer le riz » a regretté, le président de l’union des groupements de producteurs de riz de Bagré, Adama Bantango lors d’une rencontre avec des hommes de médias organisée par l’ONG Oxfam.

Selon ce producteur, de nos jours ce sont plus de 2000 tonnes de riz non décortiqué qui sont stockés dans les magasins, faute de clients.

« Nous travaillons avec des commerçants qui prennent le riz chez nous pour le proposer à d’autres grands clients. Mais après nous constatons des retards dans le paiement. Les commerçants nous disent qu’ils n’ont pas encore été remboursés », a-t-il expliqué.

« Ce sont les commerçants qui fixent également les prix d’achat au producteur. Dans tous les cas, nous n’avons pas le choix » a-t-il ajouté précisant que ce prix est de 150 francs par kilogramme cette année.

Les producteurs de riz local au Burkina Faso estiment que cette situation est due d’une part par le manque de « patriotisme » sur le plan alimentaire, dans la mesure où les Burkinabè privilégient le riz importé, et d’autre part par un faible accompagnement de l’Etat dans la commercialisation de leur production.

La plus part des consommateurs préfèrent le riz venu d’ailleurs parce qu’ « il est moins chère et il gonfle une fois dans la marmite » alors que « parfois il s’agit du riz avarié qui ne contient aucun élément nutritif » a expliqué Jonas Dabré, un autre producteur.

A Bagré, l’Etat burkinabè a mis en œuvre en 2012 un pôle de croissance évalué à terme près de 97 milliards de francs CFA.

En plus des superficies réservées à l’agrobusiness, une superficie de 1 500 ha a été aménagée pour des exploitations de type familiales où les rendements tournent autour de 4,5 t/ha.

Pays sahélien, le Burkina Faso compte plus de 17 millions dont près de 80% ont pour principale activité l’agriculture.

« Nous lançons un appel au gouvernement de prendre en compte cette question de commercialisation en insistant les populations à consommer notre production locale » a souhaité M. Bantango.

Agence d’information du Burkina

Namazé Dramane Traoré

ndt/taa



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