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Pourquoi le projet voiture made in Africa tarde à démarrer ?

Dans les années 1970, le concept FAF ( facile à fabriquer et facile à financer) a marqué les esprits.
Selon wikipédia, La Citroën FAF était une voiture dérivée de la 2CV et conçue pour les pays du tiers monde. La FAF était réputée pour être facile à fabriquer et facile à financer.
La carrosserie a été conçue pour être facile à produire et la voiture ressemblait à une version métallique de la Méhari. La FAF a été produite à partir de 1973 jusqu’en 1979. La voiture a été construite en Grèce, comme la Citroën Pony1 (1972-1983), au Portugal, en Guinée-Bissau, au Chili, comme la Yagán ainsi qu’en Côte d’Ivoire et, pour quelques-unes, au Sénégal, sous le nom de "Baby Brousse" et en République Centrafricaine. Au Viet Nam du Sud, la FAF s’appelait ’La Dalat’ (1970-1975) et 3 880 en ont été construits
Baby Brousse, Ouagadougou, fabriquée en Cote d'Ivoire

La baby brousse Ivoirienne et Sénegalaise

En Afrique de l’Ouest, on continue de trouver de rares FAF en circulation. Si la voiture FAF est morte depuis les années 1980, de nombreuses autres marques de voitures made in africa ont vu le jour dans beaucoup de pays, bien que souvent les produits ne soient pas destinés à la consommation intérieure.

La kantanka Ghanaenne

On constate pourtant un effort du côté du Ghana avec la marque Kantanka
Selon le site babmagazine, L’automobile “made au Ghana”, fabriqué à partir de matériaux locaux et assemblé par une main d’œuvre nationale, a de beaux jours devant lui. Véhicules tout terrain, pick-up, cars, minibus et même voitures électriques… La gamme ne cesse de s’élargir et de se perfectionner. Crosscountry, 4X4, berline solaire, la Kantanka prend de la vitesse. Parmi ses clients locaux, nous avons la police Ghanéenne. En effet Le gouvernement ghanéen a contribué également au rayonnement de ce produit 100% local, en effectuant plusieurs commandes de ces voitures solides et adaptées aux contraintes naturelles, notamment au profit de la police et des administrations publiques.

La IVM Nigérianne

Au Nigeria , la marque IVM marque son emprunte dans le paysage de la fabrication automobile. Avec un chiffre d’affaires de 30 milliards de F CFA en 2014 et une production annuelle de 4000 véhicules, IVM tente de devenir une référence incontournable au Nigeria face aux géants du secteur. Soutenu par son Gouvernement, qui a décidé de taxer lourdement les véhicules importés, Innoncent Chuckwuma essaie désormais de faire profiter aux Nigérians la croissance de son groupe SELON Jeune Afrique.

Il faut dire que la consommation de voitures neuves est très faible en Afrique où le marché est dominé par les voitures de seconde main dénommées "France au revoir".

Pour inverser la tendance, nous pouvons utiliser la commande publique pour consommer local, ce qui est très difficile à cause des lois en vigueur dans certains pays comme le Burkina Faso. La commande publique recherche le bien le moins cher pour des caractéristiques similaires. La marque n’est pas priorisée pour des soucis de concurrence déloyale. On peut donc avoir dans un même ministère plus de 10 voitures différentes en fonction des projets et des commandes différentes.

La population, elle ne peut s’offrir une voiture locale à condition qu’elle coûte relativement moins chère et surtout que ses pièces détachées soient disponibles. Le gout de la population des voitures gadgets bourrés d’électroniques est également un facteur limitant la fabrication de voitures simples et robustes.

Fabriquer une voiture localement n’est pourtant pas la mer à boire de nos jours à cause de l’abondance des fabricants de pièces et composants neufs et de la possibilité de commencer à faire du montage à partir de composants importés.

Très peu de marques de voitures peuvent se vanter de fabriquer leurs propres pièces. La plupart ne font que du montage comme les motos génériques. Les composants d’une voiture viennent de plusieurs sociétés différentes. C’est parfois la marque qui fait la différence et non les composants du véhicule. La marque est souvent boostée par la publicité et non la qualité du bien. Un nettoyage mental doit être opéré pour relancer le consommer local, régional ou africain dans nos pays.

A défaut d’hésiter à fabriquer localement, la commande publique est à revoir. Si nous commandons les mêmes marques de véhicule et de matériels, la maintenance s’en trouvera facilitée et on économisera des milliards de francs. Imaginez un parc automobile capharnaüm, il faut autant de pièces de rechange que de spécialistes et de marques. Nous pouvons même commencer à fabriquer certains composants locaux si nous adoptons une même marque de véhicule par catégorie et type d’usage.


Des voitures Made in Burkina, c’est possible !

C’est pour cela je lance mon idée de projet de musée de l’automobile afin de préparer les esprits au changement. Nous allons montrer aux jeunes comment fonctionne l’automobile et comment elle a évolué dans le temps et pourquoi nous devons penser à des voitures et moyens de circulation écologique ; où nous irons si nous continuons à consommer des voitures étrangères. nous allons également lancer dans ce musée une crowdfunding pour fabriquer une voiture made in Burkina Faso !

Vivement que l’embryon de musée voit le jour !

Sylvestre OUEDRAOGO

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