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Faire de notre système d’enseignement un creuset de création de savoirs et de richesses !

Chaque année en Afrique, ce sont des milliers de travaux de mémoires et des centaines de thèses que nous produisons, mais, que fait-on de toute cette manne de connaissances ? presque rien
Nous écrivons juste pour avoir des diplômes, sésames indispensable pour avoir un emploi ou pour monter en grades. Vous verrez rarement un diplômé appliquer ce qu’il a fait dans une administration, entreprise, association.

Vous verrez rarement une personne qui s’intéresse réellement à ses écrits, la plupart ne possède même pas des copies numériques des travaux qu’ils ont réalisés, allant même jusqu’à les racheter parfois sur l’Internet, faute d’avoir une copie dans son propre ordinateur ou bibliothèque de son établissement.
On dirait que nous sommes prêts à rester dans une comédie et passant le temps à accuser les autres.

Nos États et nos entreprises dépensent pourtant des sommes considérables dans le domaine des études et recherches qui sont souvent réalisées par d’autres personnes ou entreprises avec des copier-coller fort acceptés par nos dirigeants et notre système.
Quand des problèmes nous arrivent, nous commençons à organiser des séminaires et des ateliers (graissés et motivés par des perdiems) pour réfléchir à des solutions, ce qui est souvent trop tard.
Pourquoi la plupart de nos travaux de recherches ne sont pas orientés sur nos vrais problèmes ?
quelques pistes de réflexion :
Les maigres recherches sont financées par l’extérieur qui est plus intéressé par son souci de comprendre certaines choses chez nous que de nos aider à résoudre nos problèmes.
Certains chercheurs/étudiants qui trouvent des solutions intéressantes ne sont pas écoutés, mieux leurs travaux disparaissent dans des tiroirs et sont revendus en occident
Les solutions qui sont envoyées aux dirigeants sont souvent mises de côté, la voie des charlatans compte plus que la voie des chercheurs.

Exemple :

  • Combien de travaux de mémoires/thèses sur l’amélioration de notre système d’enseignement, en commençant par nos écoles, instituts ?
  • Combien de travaux de mémoires/thèses sur la santé des enseignants, meurs charge de travail réel et les problèmes qu’ils rencontrent surtout à leurs retraite ?
  • Combien de travaux de mémoires/thèses sur la création de monnaies alternatives en Afrique ?
  • Combien de mémoires/thèses sur le fonctionnement des économies occidentales et leurs relations avec les économies africaines ?
  • Combien de mémoires/thèses sur la zone des trois frontières qui est une zone plus riche que Dubai et que l’on pourrait transformer en Super Dubaï ?
  • Combien de mémoires/thèses sur nos institutions régionales (UEMOA, CEDEAO) et leurs contributions au développement du continent ?
  • Combien de mémoires/travaux sur les connaissances endogènes et leurs prises en compte dans les politiques économiques de nos États ?
  • Combien de mémoires/thèses sur les capacités de nos pays à vivre en autarcie de cas de crise (sanitaire, sécuritaire, monétaire…)

Oui, il en existe peut-être, mais combien ont été exploités réellement et pris en compte dans nos politiques économiques ?

Travailler sur les synergies Entreprises, Universités, Institutions publiques, ONG

Nous devons nous arrêter un instant et réfléchir à toutes ces ressources que nous jetons par la fenêtre et imaginer un scénario gagnant.
Il est possible que nous orientions les thématiques de recherche de nos étudiants/thésards sur des problématiques qui nous intéressent réellement. Certaines entreprises peuvent même financer des travaux qui vont les profiter directement. Chaque année, nous pouvons faire une planification des problématiques par école/institut et orienter les travaux. Ensuite, ces différents travaux seront compilés pour avoir des pistes d’applications. Nous avons le CAPES – centre d’analyse de politique économique et sociale) et le CES (Conseil Économique et Social) qui peuvent jouer un rôle important sur ça. Les universités/écoles qui seront champion recevront plus de subventions. L’État économisera des dizaines de millions de FCFA.

Faire plus de travaux de terrain ou le rendre obligatoire

Il est possible pour les stages d’envoyer nos étudiants sur le terrain effectuer des monographies afin de bien comprendre nos villages, département. Si nous ne possédons pas des informations fidèles sur nos villages, nous ne pouvons rien faire pour les développer. Ce ne sont pas les moyens qui manquent, mais un simple problème d’orientation et d’incitations. Les étudiants qui feront plus de travaux de terrain seront mieux notés que ceux qui restent dans les bureaux pour grappiller leurs mémoires.
En développant des systèmes de mise en commun des travaux avec de l’intelligence artificielle, nous pourrons donc avancer rapidement dans la compréhension des phénomènes et la recherche de solutions porteuses.

Au niveau de l’IPD-AOS, le terrain est obligatoire pour tous les étudiants. pas de diplômes sans terrains !

Faire un état des lieux des travaux de recherche dans les IESR

Un premier travail consistera à faire l’état des lieux des travaux : thèses dans chaque domaine thématique donné. Actuellement nos universités sont incapables de dire combien de travaux de mémoires sur la diarrhée le paludisme ou les techniques de conservation des eaux et des sols dans leurs propres universités/institut.
Actuellement, nos étudiants arrivent parfois à faire des choses fantastiques, mais il n’y a pas de suite ni de suivi. On dira même à l’étudiant qui veut poursuivre sur le même thème : cela a déjà été abordé/fait par un autre étudiant. Et alors ! c’est en creusant sur le même thème pendant longtemps que nous aurons une meilleure maîtrise de la situation et non en changeant des thèmes tous les jours.

Orienter les étudiants sur plus de mémoires/thèses prospectifs

Il y a très peu de mémoires prospectifs. La plupart se limitant à des monographies basées sur des opinions dichotomiques des personnes interviewées. Nous devons aller plus en profondeur pour dépasser les simples avis et opinons des personnes enquêtées (souvent avec des échantillons biaisés en plus) pour aller vers la réflexion prospective.

Le rôle des parents dans l’orientation académique

Les parents orientent souvent leurs enfants sur des thématiques ronflantes, mais vides. Chacun veut que son enfant fasse un stage dans une grande organisation/institut, oubliant que cette grande organisation travaille sur des thématiques liées au terrain. L’enfant passera plus de temps à faire du café et acheter des journaux que de faire un réel travail. Le moindre travail dans ces grandes organisations est réalisé par des consultants extérieurs. Les parents doivent donc laisser leurs enfants travailler sur des thématiques de terrain et des sujets parfois qui paraissent rigolotes, mais au fond qui nous permettent de mieux comprendre les choses et vont permettre à cet enfant de servir son pays.

La mutualisation des ressources comme une solution à la faiblesse des ressources

Un autre chantier est la mutualisation des ressources de nos instituts et écoles de formations supérieures. Seule une mutualisation des ressources permettra d’exploiter le potentiel que nous possédons. Certains instituts ont des laboratoires et d’autres non. Par exemple, sans la mutualisation des ressources, les étudiants de l’IPD-AOS ne pourraient pas bénéficier des laboratoires du CNRST et de l’IGB.
Vivement que nous exploitons ce grand capital de recherche que nous possédons et que nous banalisons.

L’exploitation des personnes ressources qui sont à la retraite

Nous avons souvent de grands experts qui sont à la retraite et que nous pouvons solliciter pour des éclairages. Nous devons avoir une base de données de ces personnes ressources ( que nous mettons souvent 30 à 40 ans pour renouveler) que nous pouvons faire appel pour des conseils. On pourrait même travailler sur un mécanisme pour assurer leur santé parce que souvent ces personnes n’ont plus de ressources pour se soigner. c’est une mine d’or à conserver et à exploiter pour aller plus vite dans le chemin du développement

Sylvestre OUEDRAOGO
Enseignant Chercheur Université Thomas Sankara
Directeur régional IPD-AOS

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