Conférence ACACIA en Afrique du Sud.

Cette conférence avait pour objectif de faire un bilan des activités du programme ACACIA qui est exécuté depuis quatrs années et passer à une autre étape. En effet, la première partie du programme était concentré beaucoup plus sur la recherche en NTIC en Afrique et l’expérimentation des télécentres. Cette deuxième étape qui s’appelle se connecter au futur en Afrique va passer à l’action en utilisant tout le potentiel technologique dont dispose le monde des NTIC. Cette conférence a vu la participation des autorités sud africaines et canadiennes. Une vidéo conférence a permis à d’autres personnalités de pouvoir y participer.

En rappel , il faut dire que ACACIA est un programme pan africain du CRDI(Centre de recherche et de Développement International) qui appui la recherche en technologies de l’information et de la communication pour le développement).

D’une manière plus détaillée, la conférence s’est axée sur plusieurs points comme la pauvreté, l’éducation, les accès, la politique ainsi que l’innovation.

Plus de 70 communications ont été présentées lors de cette rencontre.
Nous avons surtout remarqué que parmi les dizaines d’expériences proposées, les technologies sans fils sont sans conteste celles qui ont le vent en poupe. On pense en effet que le continent africain peut faire un bon en avant en utilisant des technologies sans fils, plus faciles à installer et à entretenir.

Les communications sur des expériences des programmes et projets ACACIA ont permis aux 400 participants venant de tous horizons de voir la richesse et la vitesse d’adaptation que les africains ont pu faire avec les nouvelles technologies. Pour citer un exemple, je vous donnerai celui du système d’information des marchés au Sénégal grâce au système sans fil qui permet à des paysans et des petits commerçants de connaître l’évolution des prix des marchandises et profiter ainsi des gains substantiels...

Le stand de démonstration du SIMPUTER (ordinateur de poche de fabrication indienne) a émerveillé plus d’un. On a pu voir en effet un petit ordinateur de poche de la taille du PDA muni d’une imprimante sans fil que l’on peut aussi glisser dans la poche. Plusieurs langues locales sont intégrées. Le paysan ou le commerçant peut naviguer sur l’Internet, tenir à jour sa comptabilité et même brancher des périphériques USB.(modem, scanner, appareil photo numérique...) le Simputer peut être adapté à tous les usages, surtout pour les services ambulants (facturation de l’eau, électricité, médecins ruraux, animateur villageois, commerçants ...)

Le système étant développé sur du logiciel libre, on peut l’adapter comme l’on peut à son avantage.

Quand l’innovation est à l’ordre du jour

La conférence ACACIA a été innovante sur plusieurs points :

- Le lieu : un endroit idéal pour la réflexion : pas question d’aller bourlinguer en ville.
-  L’apprentissage de la communication africaine : une petite séance d’initiation au tam tam ou le langage sans paroles, ancêtre du Wireless.
-  Le théâtre : comment agrémenter les communications d’une manière utile.

La conférence ACACIA s’est déroulée en effet dans une réserve faunique. On a pu en effet admirer des animaux sauvages tous les jours. Nous avons même bénéficié d’un safari où nous avons pu apprécié la richesse de la faune sud africaine.
La concentration était donc à l’optimale parce que la ville la plus proche était éloignée d’une vingtaine de km.

Une autre innovation est l’enseignement du langage africain à travers le tam tam. On a pu en effet expérimenter la communication sans paroles. Les africains sont donc les précurseurs de l’Internet parce que le son du tam tam transmet des messages d’un village à un autre aussi facilement et aussi rapidement que l’Internet moderne.

Les sketchs avec comme sujets, les nouvelles technologies ont permis de voir comment ce phénomène était véhiculé et comme on l’appréhendait. la technologie peut amuser et enseigner. Les sketchs ont permis de voir que l’on pouvait apporter de l’information par d’autres manières, que la démocratie peut s’exprimer par ce canal sans violences : on a vu un présentateur être soulevé de l’auditoire parce qu’il avait épuisé son temps de passage après les artistes !

Les rencontres informelles, toujours enrichissantes

Il faut souligner la participation du réseau IN (Internet Network) à cette rencontre qui d’ailleurs était financée en partie par l’IICD.
Ce fut une occasion pour les membres IN du Ghana, du Burkina, de l’Ouganda, de la Zambie de la Tanzanie et de la Hollande d’échanger et de faire le bilan de leurs activités respectives.
Julie Fergusson qui représentait l’IICD a fait une belle présentation de son organisation lors de cette conférence. On a aussi profité de sa présence pour échanger avec elle autour de nos activités.

Pour terminer, je remercierais les organisateurs qui ont tout fait pour nous mettre dans des conditions idéales au cours de cette conférence.

Un point défavorable à mon égard à souligner est que la pluralité des communications (plus de 70 dont certaines de 5 minutes) qui ne permettent pas aux gens de bien digérer. Même des communications pourtant sur des expériences de quelques mois ont été données. Je déplore aussi le monde du business qui est partout et qui fait tout pour vendre leur produit. Je pense que nous devons sérier informations et publicités. Des entreprises et autres ne doivent pas faire des communications pour mieux se vendre à des conférences de ce type mais peuvent présenter leurs produits. Le financement des conférences par de grandes firmes doit être repensé afin de laisser toute la latitude à des travaux de qualité.

Par exemple, des travaux en commissions auraient permis à des gens qui ont fait des milliers de kilomètres et qui n’ont pas pu placer un seul mot de bien contribuer et donner leur pensée grâce à un travail de synthèse et des recommandations pertinentes.

Sylvestre Ouédraogo
Président Yam Pukri association
Coordonnateur IN



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