Nouvelles technologies et monde agricole : un mariage de raison ?

Il y a à peine 10 ans, j’avais demandé à un artiste de me faire une toile montrant un paysan en train d’utiliser un ordinateur sous un arbre avec une case à côté où on pouvait voir une antenne VSAT, des panneaux solaires... je voulais décorer mon stand lors de Bamako 2000, le forum international sur les TIC.
La peinture fut un succès. j’eus même la visite du Président Konaré dans mon stand, un interview sur RFI...
Mais après l’exposition, ma toile "rigolotte" avait disparut !

En effet, tout le monde a trouvé ridicule ma toile parce que l’on avait jamais vu un ordinateur fonctionner sous un baobab et que l’utilisation de la micro informatique dans les services étatiques et autres étaient balbutiants, ne parlons pas de son usage dans le monde rural.

Une équipe de reporter de la TSR vint deux années au Burkina pour faire un reportage sur les TIC. Ils n’ont alors taquiné : d’après que vous installez des ordinateurs dans les villages sous les arbres faire vos formations !. je leurs répondis. on ne le fait pas d’abord, mais çà viendra sans doute.

Aujourd’hui, quand je vois Mr Dagano, dirigent une fédération paysanne m’envoyer des mails depuis son champ au fin fond de Léo, localité située à environ 200 km de Ouagadougou, je me dis que mon rêve a commencé à voir le jour plus tôt que prévu.

Il existe plus de 20.000 organisations au Burkina avec plus de 80% implantées dans le monde rural. la plupart des organisations faîtières ont des personnes lettrées et parfois diplômées en leur sein. Plusieurs travaillent avec des structures dans la capitale et d’autres organisations dans le monde.
C’est alors une évidence qu’elles ne vont pas de priver d’utiliser des technologies novatrices, elles qui sont toujours les premières à tester des engrais, des semences...

Les enjeux des TIC pour le monde agricoles sont très nombreux. Entre les possibilités d’avoir une information en tant réelle pour agir plus vite, des occasions de se former et de stocker de l’information avec facilité ou encore d’envoyer et recevoir des informations de part le monde, on ne doute pas qu’il peut se glisser d’autres formes d’intermédiation entre le paysan, l’ordinateur et l’information. je veux parler ici du technicien informatique ou plus généralement du génie informatique, qui comme l’ingénieur agronome aide le paysan dans son travail.

Il faudrait donc que nous réfléchissions à des mécanismes pour rendre ce travail plus simple plus facile afin que l’on ne mette pas de nouveaux soucis dans la tête des paysans déjà pleine d’inquiétudes de toutes sortes : va t-il pleuvoir, comment écouler ma production, comment doser mon engrais, comment... le paysan va donc ajouter à cette liste : ma connexion ne fonctionne pas, le virus a attaqué mon ordinateur, mon mail n’est pas arrivé à destination, mon informaticien est parti parce qu’il a eu un meilleur emploi en ville...

Vivement que des réflexions pleuvent afin que nous ne portons pas de nouveaux fardeaux à nos paysans déjà surchargé.

Bntic



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