Environnement

Le Compost Plus pour plus de rendements agricole

La XIe Journée nationale du Paysan (JNP) a consacré l’entrée du Sahel dans la culture de contre-saison à travers la ferme de production semencière de Oulo, localité située à environ 20 km de Dori.Celle-ci va alimenter l’ensemble du Burkina Faso en semences à long terme.

Les 133 producteurs du site de productions semencières de Oulo sont à pied d’œuvre pour relever le pari de la fourniture de tout le Burkina en semences de pomme de terre et d’oignon. Pour commencer, environ 20 hectares ont été mis en valeur. L’opération va permettre d’emblaver au total 150 hectares sur les rives du barrage de Yakouta, d’une capacité d’à peu près 27 millions de m3.

Mais pour cette première expérience, la production sera essentiellement réservée à la consommation, histoire de prendre goût à cette nouvelle forme de spéculation jadis inimaginable au Sahel. Le rendement moyen à l’hectare est estimé entre 25 et 30 tonnes. Cela donne un revenu moyen prévisionnel de 900 000 F CFA en raison de 300 F/kg.Grossomodo, la ferme va donner en revenu monétaire aux populations 450 millions de F CFA par an.

Pour le directeur général des productions végétales, Robert Ouédraogo, cette production de semence de la pomme de terre et de l’oignon vise surtout à éviter les importations qui coûtent à l’Etat entre 5 et 6 milliards par an.En outre, la stratégie prévoit une réduction des coûts du kilogramme de semences qui vont chuter de 1000 F CFA à 500 FCFA. Celle-ci va avoir l’avantage non seulement d’encourager les producteurs à se lancer dans la production de semences mais aussi et surtout à favoriser leur accessibilité.

Mieux, il s’agit à partir de Oulo d’explorer les voies et moyens d’ériger le pays en exportateur de semences dans la sous-région. Et la physionomie des plants sur le site présage de bons rendements. Après 46 jours, les semis sont au stade de la floraison et de la tuberisation sur 10 hectares. Une situation due à l’engouement qui anime en ce moment les producteurs. Coups de daba par-çi, coups de pelles par-là, les paysans s’activent à arroser, à entretenir leur propriété.C’est une merveille dans une zone aride comme le Sahel, avoue un producteur.

Reverdir le Sahel, c’est semble-t-il, un pari que le Burkina est en train de gagner une fois de plus. L’expérience est telle que c’est la ruée vers “ l’or sur le site de Oulo”.Chacun veut avoir ici un périmètre, confie le responsable de la production, Alban Zagré. Mais, pour le moment, la priorité est accordée aux populations locales. Pour que le coup d’essai soit un coup de maître, les techniciens ont associé des producteurs venus du Lorum pour mettre leurs expériences à profit.

Ces “colons”, comme on les appelle sur le site de Ouolo, partagent à coeur joie leur savoir-faire avec ceux qui ont “soif” d’apprendre. Selon le chargé d’encadrement, Issouph Traoré, il s’agit de prouver que le Sahel burkinabé, contrairement à la pensée populaire, a des potentialités qu’il faut ou qui sont en train d’être valorisées. Il estime que les producteurs se sont appropriés les techniques culturales. Et ils s’attellent à mieux les maîtriser. Le clou de cette production reste sans doute l’engrais naturel vulgarisé par Green Cross.

Le Compost Plus pour plus de rendement

Cette structure a fait de la promotion de l’engrais naturel dénommé “Compost Plus” son cheval de bataille. La technique consiste à entreposer soit des tiges de mil, soit des herbes mortes préalablement broyées ou découpées dans une fosse à hauteur de 30 cm auxquelles on ajoute le contenu du Compost Plus ou activeur de décomposition.

Ce mélange est arrosé régulièrement de manière à obtenir en deux mois un compost mûr. Ce procédé est à la fois économique en eau, en temps et moins coûteux, a expliqué le coordonnateur général de Green Cross, Oussèni Diallo.Il pense qu’il faut aider les populations à s’appropier cette technique de fabrication du compost. Biologique, il ne présente aucun danger pour l’homme, la nature, les animaux car le Compost Plus est certifié par l’INERA et l’Université de Ouagadougou, selon M. Diallo.Compost Plus , projet pilote au Burkina, sera vulgarisé dans l’espace CILSS.

Mais l’un des obstacles à surmonter dans la production du Compost Plus reste incontestablement la disponibilité des tiges ou des herbes. “Ici, aucune tige n’est jetée, elles servent à confectionner les seccos, à l’alimentation du bétail”, a averti un technicien.En plus, la matière première ne peut être mélangée à la bouse de vache. Ce n’est pas évident qu’elles n’aient pas pu être touchées par les déchets vu que les tiges ou les herbes se retrouvent en brousse.

S. Nadoun COULIBALY Hamadou TOURE

http://www.fasopresse.net/article.php3?id_article=8647

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