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Mise en place du Sénat : Les groupes parlementaires ADJ et UPR préparent leur contre-offensive

Les députés burkinabè se sont réunis en session plénière le 21 mai 2013 pour voter à 81 voix pour et 46 voix contre la loi organique sur la mise en place du Sénat. C’est au même moment que les élus nationaux des groupes parlementaires Alternance, démocratie et justice (ADJ) et Union pour le progrès et le changement (UPC) ont convié leurs militants et la presse à un meeting et une conférence de presse.

L’objectif de ces deux événements qui ont eu lieu au même endroit, était d’exprimer une fois de plus à leurs interlocuteurs leur position défavorable sur l’adoption de cette loi et inviter leurs militants et sympathisants à se préparer pour une riposte les jours à venir.

Les groupes parlementaires Alternance, démocratie et justice (ADJ) et Union pour le progrès et le changement (UPC) ont déjà exprimé à deux occasions majeures leur rejet de la mise en place du Sénat au Burkina. La première a eu lieu le 2 mai 2013 à Kombissiri, la deuxième lors d’une conférence de presse animée par le Chef de file de l’opposition burkinabè (CFOB) le 16 mai dernier.

Environ trois semaines après l’appel de Kombissiri, et au moment même où se tenait à l’Assemblée nationale la session plénière devant permettre de voter la loi organique sur la mise en place de cette institution, les députés de ces deux groupes parlementaires ont rencontré le 21 mai dernier leurs militants, leurs sympathisants et la presse pour réitérer leur désapprobation de ce projet de création de la chambre haute du bicaméralisme.

Ils ont ainsi boycotté une partie de la séance pour s’être vu refuser un scrutin au suffrage secret. Entre autres raisons évoquées par les députés pour rejeter le Sénat, l’on peut retenir le coût du fonctionnement du Sénat (6 milliards par an), son caractère jugé inadapté (il ne serait pas le reflet de la population) et sa probable instrumentalisation en vue de faire passer au forceps la modification de l’article 37.

La loi organique a été votée à 81 voix pour et 36 voix contre, mais l’opposition ne s’avoue pas vaincue et prévoit de lancer une contre-offensive dans les jours à venir. Le point de presse et le meeting avaient ainsi pour but de traduire de vive voix la position défavorable des groupes parlementaires concernés vis-à-vis du projet d’installation du Sénat. Trois groupes parlementaires, à savoir ADJ, UPC et ADF ont voté contre la loi, et deux groupes, à savoir CDP et CFR, ont voté pour.

Ce qui a fait dire à Ablassé Ouédraogo, député membre d’un des groupes opposés à la loi, que « l’opposition a contribué à faire avancer une fois de plus la démocratie dans notre pays ». Pour l’élu de Le Faso Autrement, en s’opposant au texte sur le Sénat, l’opposition a créé un choc dans l’opinion en ce sens que beaucoup de Burkinabè selon lui ne le soutiennent pas. Toujours selon l’ancien ministre burkinabè des Affaires étrangères, le pouvoir devra se rendre compte par la même occasion que les choses ne se passeront plus comme avant dans le pays.

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