E-gouvernance

Développement du numérique : Une série de conférences pour trouver un bon angle de tir

C’est parti pour les COFAN, les Conférences au Faso sur le Numérique. Organisé par le ministère du développement de l’économie numérique et des postes à travers la direction générale du développement de l’économie de l’industrie numérique, cet événement prévu pour s’étaler sur plus d’un mois, a été lancé ce mardi 19 septembre 2017 dans les locaux du centre KeoLID.

Douze conférences dont une par semaine, du 19 septembre au 28 octobre prochain. Tel est le défi olympien que s’est fixé la direction générale du développement de l’économie de l’industrie numérique (DGDI) à travers cet événement que sont les COFAN. Pour les organisateurs, il s’agit d’un cadre collaboratif pour stimuler l’intelligence numérique au Burkina Faso. « La technologie est une grâce, on peut aller vite, on peut tout faire avec (…) il ne faut pas avoir des actions isolées, il faut aller ensemble », dira tout simplement le premier responsable de la DGDI, Rodrigue Guiguemdé, qui avait à ses côtés le promoteur du centre de formation et d’incubation KeoLID, Lassané Ouédraogo. Ils ont, chacun, fait un exposé en présence d’entrepreneurs, chercheurs, techniciens, et étudiants.

« Le digital n’est pas qu’une question d’informaticien »

« La digitalisation n’est pas qu’une question d’informaticien, voilà pourquoi certains projets échouent. Il faut une adaptation sectorielle », a soutenu le promoteur de KeoLID dans son exposé sur « la transformation digitale : Trampoline pour le développement économique et social. Cet avis est partagé par le promoteur du site lefaso.net, Dr Cyriaque Paré qui pense qu’« on n’en prend pas suffisamment conscience. On continue à croire que les questions du numérique ne concernent que les informaticiens. Il faut changer cette vision des choses. Si nous voulons que les plateformes que nous produisons soient animées, enrichis, il faut qu’il y ait des professionnels du contenu », a suggéré l’enseignant-chercheur.

Les grandes entreprises et leur transformation

Selon Lassané Ouédraogo à l’extrême droite sur l’image précédente, le digital n’est pas qu’une question d’informaticien

« Il ne fait aucun doute que cette transformation est plus porteuse d’opportunités que de risques », foi de Lassané Ouédraogo qui note de plus en plus l’existence d’une disruption digitale. Quatre entreprises sont des illustrations parfaites de cette transformation, de cette rupture. Un quartet dénommé « GAFA » : Google, Apple, Facebook et Amazone. Moteur de recherche, Google fait aussi dans la fabrication de lunettes ; Apple, fabricant d’ordinateurs est également leader dans l’industrie de la musique et du cinéma ; Facebook, plateforme de discussion entre étudiants devenu en à peine une décennie un réseau social de plus d’un milliards d’utilisateurs ; et Amazone, aujourd’hui, leader dans les services d’hébergement cloud alors qu’au départ il s’est taillé une réputation en tant que librairie en ligne.

Obstacles et risques de cette transformation numérique

Selon le promoteur de KeoLID, cette transformation peut offrir au Burkina « les marges de manœuvres auxquelles il aspire pour son développement », notamment dans l’administration, l’agriculture, l’éducation, la santé, les services financiers, le commerce, etc. Il a pris exemple du Rwanda qui, en six mois, a réussi à augmenter de 40 % l’assiette fiscale grâce à une plateforme de paiement de taxes.

Les choses semblent simples mais selon M. Lassané Ouédraogo, plusieurs obstacles et risques entravent la transformation numérique au Burkina. Il s’agit notamment de l’expertise, des ressources, de la connectivité, du cadre juridique et de la confiance numérique pour ce qui est des obstacles ; et du siphonage de l’économie nationale, de la vassalisation des économies, de la sécurité et des libertés individuelles pour ce qui concerne les risques.

Règles d’or pour une transformation « rapide, globale et durable »

Mais tout cela n’est pas irrémédiable. Et le communicateur propose à l’Etat de miser sur les ressources humaines, sur l’éducation et de privilégier l’intérêt général. A ce sujet, il a énuméré quelques règles d’or d’une organisation pour une transformation numérique « rapide, globale et durable ».

Selon lui, il faut entre autre :
- Penser « transformation numérique globale ;
- Adopter les méthodes d’innovation ouvertes, et libérer les capacités financières pour l’innovation ;
- Développer l’énergie intergénérationnelle ;
- Reboo(s)ter ses systèmes d’information, et faire de la DATA un bien commun de l’entreprise ;
- Adopter les cultures start-ups et geeks.

Le Big Bang des incubateurs et les difficultés rencontrées

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Rodrigue Guiguemdé, Directeur général du Développement de l’Economie de l’Industrie numérique

Parlant de start-ups, le sujet a été abordé par le deuxième communicateur, Rodrigue Guiguemdé, de DGDI. Il s’est appesanti sur les stratégies à mettre en œuvre pour renforcer l’environnement de ces startups qu’il définit comme étant des entreprises qui ont une vision, celle d’agir sur un marché en création ou instable. « Les promoteurs de startup sont comme les assureurs, ils prennent des risques », a-t-il expliqué. Pour ce qui concerne le Burkina Faso, il a fait remarquer un Big bang des incubateurs mais qui évoluent dans un environnement difficile marqué par l’insuffisance d’infrastructures de soutien, la faiblesse d’un cadre juridique de protection des œuvres, même si l’Assemblée nationale a commandité un audit du cadre juridique du numérique, et l’insuffisance dans le renforcement de capacités.

Stratégies de renforcement de l’environnement

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Photo de famille des officiels avec quelques participants après le lancement de l’événement

Face à ces difficultés, le directeur général du développement de l’économie de l’industrie numérique a proposé quelques pistes de solutions. Il s’agit entre autres de la tenue de concertations et d’échanges à l’image des COFAN, de l’organisation de compétitions à valeur ajoutée et à forte perspective, l’allègement des procédures de création, de mise en œuvre et de renforcement des entreprises innovantes, la création de partenariats stratégiques pour le renforcement de l’environnement technologique, etc.

Selon M. Guiguemdé, un projet d’instauration d’agrément des incubateurs est en réflexion. « Un incubateur, ce n’est pas seulement les bâtiments et le matériel. Ca va au-delà », a-t-il signifié avant de rassurer que ce projet d’agrément ne sera pas un frein au développement des incubateurs mais plutôt un stimulant qui va favoriser l’explosion des projets d’idées. En guise de proposition, un participant a suggéré la normalisation des outils et l’instauration d’un cadre d’orientation, par exemple dans les cinq ans à venir, avant d’aborder le volet juridique de la question des agréments.

Capitaliser les enseignements

Les Conférences au Faso sur le Numérique, ça continue jusqu’au 28 octobre 2017. Et selon Mme le ministre du développement de l’économie numérique, l’événement « contribuera à moderniser l’administration, à rendre le privé plus compétitif, à améliorer la qualité des ressources humaines et à terme, à favoriser le développement économique et social du pays ». Et l’assurance a été donnée que les enseignements qui seront tirés à l’issue de cette série de conférences, seront mis en œuvre dans le cadre du développement de l’industrie numérique du Burkina Faso.

Herman Frédéric Bassolé
Lefaso.net

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