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Situation faunique au Burkina : Un inventaire aérien en expérimentation

Dans le cadre d’une coopération entre l’Université de Lièges en Belgique et l’Office national des aires protégées(OFINAP), le ranch gibier de Nazinga est le champ actuellement, d’une expérimentation inédite dans le domaine de l’inventaire faunique. Il s’agit de l’utilisation d’un drone pour évaluer le potentiel faunique de la zone.

L’UAV Gatewing X100 est un aéronef (drone) sans pilote à bord, muni d’un GPS et d’un ordinateur et est contrôlé à partir d’une station au sol (un ordinateur). C’est cet appareil qui est en expérimentation à Nazinga dans la Sissili pour l’inventaire faunique aérien dans le cadre d’une coopération entre l’Université de Liège en Belgique et l’Office national des aires protégées (OFINAP). Jusque-là, les ressources fauniques étaient connues, grâce à l’inventaire pédestre qui se fait au sol.

Selon le directeur général de l’Office national des aires protégées, Prosper Sawadogo, cette nouvelle méthode donne une occasion au ministère en charge de l’Environnement de tester un autre type d’inventaire (aérien), afin de tenter une comparaison avec l’inventaire pédestre classique.

« L’intérêt scientifique recherché est la possibilité de comparer les données collectées par deux méthodes de recensement utilisées (pédestre et aérien) dans les mêmes conditions de terrain (période de l’année, habitats, logiciel de traitement des données…) et d’apprécier le niveau de précision et la fiabilité des données statistiques », a-t-il indiqué. Pour le chef de mission de l’équipe de l’Université de Liège, Pr Cédric Vermeulen, les quelques essais réalisés avec le drone donnent des résultats prometteurs. Cependant, il précise que la méthode n’est qu’au stade expérimentale et que la technologie va sûrement, évoluer dans les années à venir.?

« Il y a de très grands résultats, surtout dans la détection des éléphants. Je pense que c’est une technologie qui va évoluer, si elle s’avère efficace », a-t-il affirmé. En ce qui concerne le mode opératoire de l’UAV, il a expliqué que l’appareil survole l’espace aérien du ranch à basse altitude (100, 150, 300 mètres), fait des aller-retour selon un dispositif de transects, conçu sur carte et transposé sur des repères fixes et visibles, disposés à travers le ranch. Le chef de service suivi écologique et cartographie à l’OFINAP, Lieutenant Paul Marie André Sawadogo, pense que l’appareil possède un intérêt écologique certain.« Sur le plan du suivi des feux de brousse, cet appareil peut nous aider à cartographier les zones brûlées et non brûlées pour d’éventuelles actions. Sur le plan du suivi des points d’eau, le drone peut nous permettre d’apprécier au fur et à mesure au cours de l’année, le niveau de tarissement dans les points d’eau.

Au niveau de la végétation, l’appareil peut nous aider à mieux cartographier des strates de végétation disponibles dans une aire protégée », s’est-il réjoui. Même son de cloche chez le chef d’Unité de gestion du Nazinga, Dieudonné Yaméogo, qui a soutenu qu’au-delà de la faune, le drone facilite la cartographie de la zone et permet de connaître le ranch avec plus de précision. Toutefois, il s’est dit conscient que c’est une technologie innovante, mais qui reste à parfaire.

Raphaël KAFANDO

Sidwaya



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