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Rencontre-débat bien réussie au centre ka fuli de Bobo Dioulasso

La semaine du 19 au 20 aout 2011, la bibliothèque de Kafuli s’est transformé en un endroit de discussions et d’échanges. Des invités d’origine malienne, togolaise et burkinabé sont venus partager leurs connaissances et expériences dans le domaine des technologies de l’information et de la communication. Ensemble, nous avons tenté de répondre à certaines questions en lien avec le futur d’Internet au Burkina Faso.

Un invité du Mali, Moussa Kalapo, a présenté le travail de l’organisation non-gouvernementale AMIS TIC qui organise chaque année la Fête de l’Internet à Bamako. L’activité se déroule à l’institut français de la capitale malienne et permet durant une semaine aux jeunes et moins jeunes de venir se familiariser avec les TIC. Connection internet gratuite, cours d’initiation à la navigation, écriture d’un curriculum vitae, atelier video sont quelques unes des activités offertes. Pour en savoir plus, visiter leur site internet :

Moussa Kalapo nous a aussi présenté une initiative très intéressante alliant communication citoyenne, liberté de presse et utilisation des TIC du nom d’ Avenue 225. Cette association a vue le joue en Côte d’Ivoire et s’est répandue dans plusieurs pays d’Afrique de l’ouest. Elle supporte de jeunes journalistes en leur offrant une formation gratuite et du matériel informatique afin qu’ils puissent rendre compte de l’actualité de leur pays et publier en ligne le résultat de leur travail. Au Mali, le site s’appelle Avenue 223 et au Burkina Faso, Avenue 226.

Vendredi après-midi, nous avons entrepris un voyage dans le monde fascinant des logiciels libres et du système d’exploitation Linux, univers parallèle à celui de Microsoft et Windows. Notre invité togolais Edem Agbezoutsi de l’organisation ASSOC LINUX nous a expliqué en détail l’origine de cette initiative citoyenne et les valeurs qui la sous-tendent. Contrairement au système d’exploitation Windows installé sur la majorité des ordinateurs et dont la reproduction est strictement interdit, le système Linux a été conçu à des fins non commerciales dans un esprit de liberté ; liberté d’utilisation, liberté de modification, liberté de copie et de distribution. Le public s’est montré très intéressé par cette alternative et il fut décidé de procéder, dès le lendemain, à une installation test sur l’un des ordinateurs du cyber afin d’en apprendre davantage sur Linux et les logiciels libres.

Samedi matin, nous avons reçu Karim Ouedrago, membre du groupe TIC-EDUC de l’association Yam Pucri aussi professeur de SVT (sciences de la vie et de la terre) et ancien directeur du lycée national de Bobo Dioulasso. Grâce à lui nous avons pu aborder des sujets aussi divers que la formation à distance et l’utilisation des TIC comme outils pédagogiques. Sa double expérience de la formation à distance a motivé et rassuré plusieurs partcipants. Pour le reste, il a mentionné la difficulté d’assurer le financement de projets initiés depuis l’extérieur en lien avec les TIC. Le réparation et l’entretien des ordinateurs qui tombent rapidemment en panne pour causes de virus est l’une des plus grandes difficultés, une fois les bailleurs des fonds repartis.

À ce sujet, peut-être que l’utilisation du système d’exploitation Linux, qui est plus résistant aux virus, serait une bonne solution.

Dans l’après-midi du Samedi, nous avons eu la visite de Benjamin Rethymnis, un jeune français qui a décidé de tenter sa chance à Ouagadougou dans le domaine des TIC. Il a débuté l’année dernière son entreprise WEB INFO COM et offre principalement des services de conception de sites internet. Nous avons saisi cette occasion pour aborder le thème des opportunités d’affaire au Burkina Faso en lien avec Internet. Bien que les opportunités soient importantes puisque tout reste à faire dans ce domaine, les obstacles sont nombreux. Le fait qu’il soit difficile voire impossible pour un burkinabé de recevoir de l’argent par Internet est une des grandes difficultés. Aucun service ou produit ne peut donc être vendu sur Internet ce qui limite grandement les possibilités. Au delà des problèmes techniques, les problèmes culturels ont aussi été mentionnés. Il semble que la population du Burkina ne soit pas prête à faire le grand saut dans le monde de l’économie virtuelle.

Mes chers Internet freaks, cela nous mène à la fin de mon projet. Le cyber Kafuli sera ouvert encore jusqu’à la fin d’Octobre 2011 et après, seul Dieu sait si nous arriverons à trouver l’argent pour continuer nos activités.

Je voudrais remercier Ahmed Ouedraogo qui m’a beaucoup aidé avec ce projet et tous ceux qui sont venus discuter et échanger la fin de semaine dernière.

Aniché !


Par


tit brecelj

Pour en savoir plus sur le projet Ka fuli, allez sur :

http://www.kafulinumerique.org/

Programme

Dans la bibliotèque de centre Kafuli aura lieu le vendredi 19 et samedi 20 août la rencontre-débat sur le futur de l’Informatique au Burkina Faso. Vous êtes cordialement invités. Voici le programme de la rencontre :

Vendredi 19 août

Matin (à partir de 9 heures) :

- Présentation des activités de l’association AMIS TIC de Bamako, Mali.
- Présentation du projet Kafuli numérique.
Débat sur le sujet de l’éducation. À qui revient la responsabilité d’éduquer au TIC ? Quelle fin viser ?
Qui devrait initier et former les élèves aux technologies de l’information ? Les entreprises ou intiatives privées, l’État ou encore les associations à but non lucratif issues de projets de coopération. Qui doit fournir les ressources nécessaires ? Est-ce les individus directement ou les bailleurs de fond ?
Les ressources débloquées pour la formation au TIC devraient-elles servir à la formation d’un maximum d’individu en leur offrant un niveau de base ? Ou devrait-on s’assurer que nombre suffisant de spécialistes bénéficient d’une formation longue et complexe . De quoi le Burkina a -t-il le plus besoin ?

Soir (à partir de 15 heures) :

- Présentation du système d’exploitation libre Linux. Ou sont le opportunités et ou sont les difficultés en terme de vulgarisation de Linux au Burkina.
”Le Premier Ministre David Cameron a déclaré devant le parlement qu’il réfléchissait aux moyens éventuels d’interdire la communication sur les réseaux sociaux présentés comme des espaces favorisant les complots, le développement de la violence, du désordre et de la criminalité. Tout comme cela a pu être constaté dans les révolutions arabes, Internet et les réseaux sociaux sont des espaces sur lesquels les jeunes ont créé un lien social fort, sur lesquels ils échangent librement et effectivement dont ils se servent pour se retrouver et organiser leur contestation. Avoir le projet de les interdire et d’en restreindre l’utilisation revient à établir une censure digne des régimes les plus totalitaires.“
Débat sur la démocratie sur Internet en partant de l’extrait ci-dessus. Est-ce que les réseaux sociaux peuvent être des outils de démocratisation de la société ?

Samedi 20 août

Matin (à partir de 9 heures) :

- Présentation de l’association Yam Pukri.

Débat sur les possibilités d’affaires dans le champ de l’informatique au Burkina.

Soir (à partir de 15 heures) :

Débat sur le futur de l’informatique et d’Internet au Burkina. Quelles sont les difficultés majeures et quelles sont les possibilités inexplorées ?
Atelier sur la création d’un modèle d’affaire sur Internet afin d’évaluer les possibilités théoriques de succès.

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